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La Zone des jeunes

de Parc-Extension :

Zone d’avenir,

Zone de motivation,

Zone de tolérance,

Zone de non-violence,

Zone de promotion,

de la Règle d'Or,

 Zone anti-drogue

et Zone de compassion

 

Ne rêve pas ta vie
mais vie tes rêves


Qu'on soit d'accord ou non avec la hausse des frais de scolarité qui ont été proposée, ce débat s'est graduellement amplifié en un débat de société bien plus large sur l'accès à l'éducation. L'importance d'un tel débat demandait du temps et du calme pour l'aborder. Mais puisque le temps a manqué, le calme s'est effacé. Ce débat, qui a éveillé les passions de tous, s'est corsé quand les droits des uns et des autres se sont confrontés. Il y a eu des injonctions, des piquets de grève, des émeutes, l'antiémeute, une loi spéciale, des négociations et aussi, il y a ceux qui souhaitaient en profiter pour mettre le feu aux poudres et faire grandir le chaos. Malgré tout, la très grande majorité des jeunes sont demeurés non violents.

Pour comprendre la question de la violence, il faut bien définir ce qu'elle est. Il faut d'abord dire que la violence est partout et, que nous en avons tous été témoins tellement souvent, qu'il nous est difficile d'imaginer un monde sans violence. Physique, verbale et psychologique, elle est aussi présente dans toutes les formes de discrimination. Mais elle est aussi économique, sexuelle, raciale, religieuse, environnementale et même juridique. La violence est donc multiforme et se met à exister à chaque fois que l'on souhaite imposer sa volonté par l'autorité ou par la force (physique, légale, économique...). La violence nait à chaque fois que l'on abandonne le dialogue calme et respectueux.

Le débat de société qui a été lancé pose la question : quelle sorte de société voulons-nous et donc sur quelles valeurs notre société doit-elle reposer? Si l'on souhaite vivre dans un monde plus humain, nous devons placer les valeurs humaines au-dessus de tout. Tolérance, partage, égalité, respect mutuel, responsabilité, solidarité… Aujourd'hui, pour être heureux, tout être humain est en droit d'espérer que ses besoins fondamentaux puissent être satisfaits comme : avoir un toit, un emploi décent, pouvoir se nourrir, avoir accès à des soins de santé et à une éducation au niveau de ses talents.

Mais, comme dans tous les débats importants, une valeur d'une autre nature s'est infiltrée. Celle de l'argent. Car aujourd'hui, l'argent est tout. En effet, la valeur de l'argent en vient à dominer tous les débats. L’argent domine le gouvernement, il est la loi et le pouvoir. Il est fondamental pour survivre et l'on ne peut rien faire sans argent. Même nos relations interpersonnelles sont affectées par l'argent. Pourtant, la majorité des gens ne souhaite pas que l'argent domine les valeurs humaines comme l'accès à la santé ou à l'éducation. Si la valeur de l'argent domine la valeur de l'être humain, nous serons traités comme des objets, des producteurs, des consommateurs, des utilisateurs; nous serons déshumanisés et nous perdrons progressivement notre dignité.

Les jeunes ne sont pas à l'origine de cette crise, ils y réagissent. Et 99 % le font de façon non violente. Il y a de quoi être fier d'eux. Mais pour ceux qui ne réussissent pas à canaliser leur violence, rappelons-nous les paroles de Paul Piché dans sa chanson "L'escalier" : "Pis les enfants c'est pas vraiment vraiment méchant. Ça peut mal faire, ou faire mal de temps en temps. Ça peut cracher, ça peut mentir, ça peut voler. Au fond, ça peut faire tout c'qu'on leur apprend".

Les enfants et les adolescents de Parc-Extension et de tout le Québec ont été témoins de ce conflit entre les valeurs des uns et des autres. Nos jeunes qui ont 12 ans aujourd'hui auront 19 ans dans 7 ans. Paieront-ils le gros prix? Plusieurs ont pu être déjà découragés dans leur cheminement scolaire, croyant qu'ils ne pourront pas se payer des études universitaires. Mais par la même occasion, ils ont l'occasion de définir leurs principes, leurs valeurs personnelles, ce en quoi ils croient.

C'est pour ça qu'en tant qu'intervenant auprès des adolescents, il est important d'aider les jeunes à comprendre que c'est par le dialogue que tout conflit peut se régler. Il faut les encourager à s'exprimer, à définir leurs valeurs. Nous devons leur démontrer qu'à la source de la violence il y a le refus ou l'incapacité à dialoguer. Le refus de la violence et la promotion du dialogue forment le modèle de relations humaines que l'on doit enseigner aux jeunes. Par notre exemple, il faut leur montrer un chemin digne de notre humanité et, de cette façon, ils pourront bâtir un monde moins violent, un monde où l'éducation sera une des valeurs centrales.

Richard Vachon, directeur